Evaluation des performances diagnostiques du diagnostic prénatal non invasif des maladies monogéniques
DANNIgene
AP-HP
URC Paris Centre (HUPC)
NECTOUX Juliette
AP-HP - Hôpital Cochin
Patients
Inclusions en cours
À propos
Cette recherche porte sur le diagnostic anténatal des maladies génétiques. Le diagnostic prénatal de la maladie génétique susceptible d’atteindre votre fœtus nécessite de recueillir du matériel génétique provenant de celui-ci, par biopsie de trophoblaste/placenta ou amniocentèse le plus souvent. Cependant, ces méthodes classiques, dites invasives, sont associées à un risque de fausse couche (~ 0,5%). Depuis 1997, il est connu que de l’ADN provenant de votre fœtus circule dans votre sang. L’étude de cette nouvelle source de matériel génétique d’origine fœtale, obtenue en toute sécurité grâce à une prise de sang sur vous, permettrait de réaliser un diagnostic prénatal non invasif, limitant ainsi les risques de fausse couche. Jusqu’à aujourd’hui, les applications du diagnostic prénatal non invasif (diagnostic prénatal par prise de sang de la femme enceinte) restaient peu nombreuses, car les méthodes actuelles de diagnostic biologique n’étaient pas assez performantes. Récemment, de nouvelles techniques d’amplification d’ADN par séquençage nouvelle génération ont été développées, permettant d’envisager leur application au diagnostic prénatal non invasif d’un grand nombre de maladies génétiques graves, qu’elles soient d’origine chromosomique (par exemple la trisomie 21) ou génique (par exemple la myopathie de Duchenne, la drépanocytose, l’amyotrophie spinale, la mucoviscidose etc…). Le diagnostic prénatal non invasif a également un intérêt pour les maladies dont la prise en charge de la grossesse dépend du génotype fœtal, comme notamment le diabète MODY-GCK qui peut vous concerner. Pendant la grossesse, chez une femme porteuse d'un MODY-GCK, deux facteurs déterminent la croissance du fœtus : l'hyperglycémie maternelle, qui est également présente chez le fœtus car le glucose traverse le placenta et la transmission maternelle de l’anomalie du gène de la glucokinase (GCK) au fœtus, dont le risque est de 50% à chaque grossesse. Des études faites chez des femmes ayant un MODY-GCK montrent que : - si le fœtus n'est pas porteur de l’anomalie génétique, il existe un risque de croissance fœtale excessive (appelée macrosomie), de difficultés lors de l'accouchement et d'hypoglycémies à la naissance. Ces risques peuvent conduire à programmer un déclenchement de l'accouchement ou une césarienne avant le terme prévu. Ces risques sont les mêmes que ceux qui sont observés au cours de la grossesse dans des formes de diabète beaucoup plus fréquentes, comme le diabète gestationnel. - si le fœtus est porteur de l’anomalie génétique, l'hyperglycémie maternelle ne conduit pas à une sécrétion d'insuline excessive, la croissance fœtale est normale et la grossesse ne comporte pas de risque particulier de macrosomie ou de complications. Un traitement du diabète par insuline n'est donc en théorie utile que dans la situation où le fœtus n'est pas porteur de l’anomalie du gène de la glucokinase. Cette étude a pour objectif de permettre le développement du diagnostic prénatal non invasif des maladies monogéniques en comparant les résultats obtenus lors du diagnostic prénatal non invasif sur un échantillon de sang à ceux obtenus lors du diagnostic prénatal classique pour les maladies sévères ou aux résultats du génotypage de l’enfant à la naissance pour le MODY-GCK, celui-ci ne justifiant pas un diagnostic prénatal invasif. Pour répondre à la question posée dans la recherche, il est prévu d’inclure 550 femmes enceintes environ qui devront avoir dans le cadre du soin soit un diagnostic prénatal invasif dans un contexte d’antécédents familiaux de maladies monogéniques sévères, soit un génotypage sur ADN extrait de cellules buccales de l’enfant à la naissance dans le cadre du MODY-GCK.